
Il est désormais là, terminé, accessible, vivant.
Mais pour en arriver là, il a fallu près d’un siècle d’hésitations, de visions contrariées, de batailles foncières et d’engagements politiques.
Voici l’histoire méconnue mais essentielle de ce que nous appelons aujourd’hui le Parc Nature du Plan de La Garde.
Des terres agricoles… vite abandonnées
Jusqu’au début du XXe siècle, le Plan était une zone agricole : on y cultivait des vignes et des arbres fruitiers. Mais les inondations hivernales régulières, et la montée en gamme du vin local, ont rendu la production peu rentable. Dès les années 70, la majorité des terres sont à l’abandon.
La crue exceptionnelle de janvier 1978 achève de figer le destin de cette zone : elle est classée en zone rouge dans le Plan d’Exposition aux Risques.
Inconstructible. Marginale. Inexploitable.
Une urbanisation rapide… mais ailleurs
Entre les années 60 et 80, La Garde passe de 3 500 à près de 15 000 habitants. Les nouveaux quartiers sortent de terre. La ZI se construit…
Dans le même temps, le Plan reste bloqué. Pourtant, des études techniques (dès les années 20 et 30, puis relancées après-guerre) démontrent qu’un assèchement du Plan par doublement du tunnel de la Clue serait possible. Mais rien ne se fait. Le coût, les blocages institutionnels, l’inaction.
Friches, poubelles… et premières transformations
Dans les années 80, des aménagements légers émergent : pistes de BMX sur les terrains municipaux le long de la voie ferrée, puis création des jardins familiaux (avec l’adjoint Lucien Peironet, mon grand-père) et ouverture de la déchèterie.
On commence à structurer ce qu’on appelait alors « la gadoue », où l’on déversait autrefois les ordures.
Le Plan, une affaire… intercommunale et historique
Peu le savent, mais le Plan abritait aussi des terres en indivision entre La Garde et Le Pradet, héritées de la séparation des communes en 1894. Un véritable casse-tête cadastral.
Sous l’impulsion de Maurice Delplace, ce dossier complexe est débloqué : les terres propres à chaque commune sont échangées, l’indivision de la Colle Noire est vendue au Conservatoire du Littoral pour environ 6 millions de francs (partagés à hauteur de 2/3 ; 1/3).
Les communes s’engagent à investir le produit dans la protection du Plan et l’acquisition de foncier.
Un exemple : le golf
Le golf devient un exemple réussi : non urbanisé, il protège des dizaines d’hectares, ralentit les crues, et constitue déjà une zone d’expansion efficace. Le projet est soutenu par La Garde et La Valette, dans le cadre du Plan Golf 2000 initié par le département.
De l’idée floue… à une ambition claire
À la fin des années 1990, le projet se précise. La commune commence à préempter, à acheter, à geler les ventes. L’idée ? Faire du mitage foncier pour éviter toute urbanisation.
L’urgence environnementale, la prise de conscience collective et l’évolution des réglementations font peu à peu émerger un autre projet : un grand parc naturel, protégé, ouvert à tous.
Le Département entre en jeu
En 1998, Yvon Robert est élu Conseiller Général. Il soutient l’idée d’un parc départemental. Même après la perte de la mairie en 2001, il reste mobilisé jusqu’en 2004.
À son départ, c’est Jean-Louis Masson, devenu CG, qui reprend le flambeau.
Le Département accélère : acquisitions, expropriations, Déclaration d’Utilité Publique. Le foncier est maîtrisé.
Le parc peut enfin voir le jour.
Aujourd’hui : le parc est là. Et c’est une victoire
Le Parc Nature du Plan de La Garde est désormais terminé.
C’est un espace de nature, de promenade, de biodiversité, de mémoire aussi.
Un espace qui protège la ville des crues, qui abrite des espèces précieuses, qui offre aux familles, aux enfants, aux promeneurs un coin de fraîcheur et de respiration.
Ce que cette histoire nous enseigne
- Qu’un territoire délaissé peut devenir un joyau, si l’on s’en donne les moyens.
- Qu’il faut parfois des décennies de courage politique, d’accords complexes, de patience pour faire émerger des projets durables.
- Que la vision écologique n’est pas un luxe, mais une nécessité.
- Que protéger la nature, ce n’est pas seulement interdire : c’est construire un avenir à taille humaine.
Nous pouvons en être fiers
Le Plan est un modèle d’aménagement écologique, de reconquête foncière intelligente, de coopération entre collectivités, et d’ambition transpartisane.
C’est un héritage que nous devons défendre. Et un exemple pour nos futurs projets urbains : moins de béton, plus de respiration.
Cette ambition transpartisane, respectueuse du territoire, guide encore aujourd’hui notre vision pour La Garde.
C’est sur ces fondations que nous voulons bâtir les projets de demain : préserver nos terres naturelles, sécuriser les zones inondables, créer des lieux de vie et de nature accessibles à tous.
Le Plan est un modèle d’aménagement écologique, de reconquête foncière intelligente, de coopération entre collectivités, et d’ambition transpartisane.
C’est un héritage que nous devons défendre. Et un exemple pour nos futurs projets urbains : moins de béton, plus de respiration.
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Parce qu’un tel lieu ne vit vraiment que si les Gardéennes et les Gardéens se l’approprient.
Ce parc, c’est le vôtre. Et c’est une belle histoire.