À La Garde, savoir aussi reconnaître ce qui va dans le bon sens

Être dans l’opposition ne signifie pas considérer que tout ce que fait une majorité est mauvais par principe. Cela peut sembler évident. Pourtant, dans une vie politique de plus en plus polarisée, reconnaître une initiative utile lorsqu’elle vient de ceux que l’on combat politiquement est parfois devenu presque suspect. Nous pensons exactement l’inverse.

Notre rôle d’élus d’opposition est de contrôler l’action municipale, d’interroger les décisions, de demander des comptes lorsqu’ils doivent être rendus et de proposer d’autres solutions lorsque nous pensons pouvoir faire mieux.

Mais notre rôle est également de savoir dire, simplement : cette action est utile.

Et cette semaine nous en offre deux exemples.

Une semaine consacrée à nos aînés

Du 5 au 13 octobre, La Garde organise sa Semaine de l’Âge d’Or, à destination des seniors gardéens.

Le service Seniors et le CCAS ont préparé une programmation consacrée à la rencontre, à la découverte, aux loisirs et au partage. La Maison des Seniors joue d’ailleurs tout au long de l’année un rôle qui dépasse largement l’organisation d’événements : portage de repas, aide à domicile, téléassistance, action sociale, activités culturelles ou physiques font partie des services proposés aux personnes âgées.

Nous y sommes particulièrement sensibles.

Vieillir dans une ville ne doit pas signifier progressivement disparaître de sa vie collective.

La question du vieillissement dépasse celle des animations. Elle concerne l’autonomie, l’accès aux services, la mobilité, la santé, le logement, mais aussi quelque chose de beaucoup plus difficile à mesurer : le lien avec les autres.

Une commune ne peut pas tout résoudre. Elle peut en revanche créer les conditions qui permettent de continuer à sortir, rencontrer, participer et appartenir pleinement à la cité.

Lorsqu’une politique municipale contribue à maintenir ce lien, nous considérons qu’elle mérite d’être soutenue.

La santé mentale nous concerne tous

Cette même semaine commencent également les Semaines d’information sur la santé mentale, organisées du 5 au 18 octobre.

La programmation gardéenne s’appuie cette année sur les liens entre l’art, l’expression et le bien-être : exposition des œuvres de patients du centre médico-psychologique, danse, ateliers en famille, musique, chant, rencontres autour de l’autisme, spectacle et autres rendez-vous sont proposés dans plusieurs équipements municipaux.

Le sujet mérite que l’on s’y arrête.

Longtemps, la santé mentale a été entourée de silence, de gêne et parfois de honte.

Pourtant, les troubles psychiques, émotionnels ou cognitifs peuvent concerner chacun d’entre nous ou l’un de nos proches. L’un des objectifs des Semaines d’information sur la santé mentale est précisément d’informer, de permettre de parler et de lutter contre cette stigmatisation.

Une ville peut avoir un rôle dans cette démarche.

Non pas en se substituant aux professionnels de santé, évidemment, mais en facilitant l’information, en mettant des lieux à disposition, en créant des rencontres et en contribuant à faire sortir ces questions de l’ombre.

Là encore, nous considérons que cette initiative va dans le bon sens.

Une opposition n’est pas un réflexe de contradiction

Nous avons beaucoup critiqué ces dernières semaines.

Et nous continuerons à le faire chaque fois que nous considérerons qu’une décision, une méthode ou un fonctionnement doit être contesté.

Il serait pourtant incohérent de demander davantage de nuance et de débat dans la vie publique tout en appliquant nous-mêmes une règle extrêmement simple : « cela vient de la majorité, donc c’est mauvais ».

Cette manière de faire ne nous intéresse pas.

Une opposition utile ne mesure pas la valeur d’une action à l’identité de celui qui la propose.

Elle regarde les faits.

Elle pose quelques questions simples :

Est-ce utile aux habitants ?

Est-ce juste ?

Est-ce efficace ?

Est-ce cohérent avec l’intérêt général ?

Si la réponse est oui, nous n’avons aucune difficulté à le reconnaître.

Et lorsqu’elle est non, nous devons être capables d’expliquer pourquoi.

C’est aussi cela, gouverner autrement

Cette attitude n’est pas une marque de faiblesse politique.

Elle est au contraire une certaine conception du débat démocratique.

Nous pouvons avoir des désaccords profonds avec la majorité municipale sur sa gouvernance, certaines de ses décisions, sa conception du contrôle démocratique ou certaines orientations prises pour La Garde.

Mais cela ne transforme pas chaque action municipale en faute.

Nous voulons défendre une autre manière de faire de la politique locale : moins mécanique, moins partisane et davantage fondée sur l’examen concret des décisions.

Critiquer lorsqu’il le faut.

Proposer lorsque nous avons une autre solution.

Soutenir lorsqu’une action est utile.

Et surtout conserver une seule boussole : l’intérêt des Gardéennes et des Gardéens.

La Semaine de l’Âge d’Or et les Semaines d’information sur la santé mentale sont, à nos yeux, deux initiatives qui méritent d’être saluées.

Parce qu’avant d’être une majorité et une opposition, nous sommes tous responsables de la même ville.

Et lorsque La Garde avance dans la bonne direction, nous savons aussi le dire.